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Là où règne le sexe, l’amour est absent

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La recherche éperdue et incontrôlée de satisfaire de mille manières que ce soit notre désir sexuel relève davantage d’un vide existentiel et spirituel que d’une simple libido décomplexée. La luxure occupe un pan entier de notre culture de masse, elle est avant tout présente dans les séries et la publicité. Cet hédonisme a été érigé en art de vivre sauf que ce faisant, il nous a détourné de l’héritage multiséculaire de traditions qui faisaient de la restriction et une forme de sacrifice les portes d’entrée vers un être supérieur. 

Le sexe dévergondé, parce qu’il a constitué l’apanage de l’aristocratie sous l’Ancien Régime, il a acquis un statut qui le rendait désirable aux yeux des classes subalternes. Le sexe fut en outre l’une des manifestations du pouvoir symbolique conféré notamment à l’homme sur la femme, au maître sur l’esclave, au seigneur sur son sujet, au dominant finalement sur le dominé. 

Le sexe étant considéré comme l’émanation de la puissance et de la domination, on comprend dès lors combien il est devenu désirable par le reste de la population. Les cultes ont eu beau essayer de contenir l’expression libidinale, l’attrait pour le sexe n’a jamais décliné jusqu’à exploser à l’avènement d’une société de consommation. 

La consommation des corps apparut comme l’incarnation d’un projet égalitaire, le peuple pouvait s’adonner à concupiscence autant que le faisait les élites. Cette poursuite effrénée des plaisirs de la chair s’accompagnait inexorablement d’un appauvrissement des qualités du cœur qui trouve son expression à tous les niveaux d’une société à la dérive. 

Le sexe débridé aliène à la fois le sujet et l’objet. Le partenaire n’est plus une personne, mais un objet que l’on utilise à sa guise comme un vulgaire instrument de plaisir. La déshumanisation des foules à laquelle nous assistons crée nécessairement un vide auquel il est difficile de ne pas rester indifférent. 

La fétichisation du partenaire (par la puissance qu’elle confère) détruit l’amour et l’esprit d’humanité qui devraient prédominer dans toutes les sociétés. La régression morale provoquée par la sexualisation de masse et à outrance nous détourne de notre vraie nature qui est noble lorsque notre cœur est aux commandes. 

Renouer avec une certaine tradition qui sacralise l’acte sexuel pourrait être salvateur dans une société en proie aux doutes et aux tergiversations. Renouer avec le sacré dans son sens plus général redonnerait une ossature, une colonne vertébrale à une société dont la population que la débauche à rendu servile.

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