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Doit-on faire de la beauté le fil conducteur de notre vie ?

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La beauté semble jouer un rôle quant à l’éducation morale des gens et inversement. 

Celle-ci a trouvé une expression plurielle au cours du temps. Tout d’abord la beauté a été considérée comme étant une manifestation divine dont la nature est la meilleure expression. L’idée de beau s’est construite intimement avec l’idée d’harmonie. L’harmonie apporte une sensation de paix et de bien-être contrairement à la dysharmonie. Au fur et à mesure de l’évolution, la beauté est devenue une création humaine qui a pris la forme d’arts. 

L’idée d’harmonie perçue de la nature s’est retrouvée exprimée dans l’architecture, la peinture, la sculpture, la musique, la littérature etc. Néanmoins, l’injonction d’harmonie ou de beauté a disparu récemment des canons artistiques, peut-être du fait de la marchandisation de l’art. 

L’expression de la beauté ne présente pas uniquement une forme plastique, elle est avant tout une manifestation intangible. Analysons ensemble ses différentes manifestations : 

  • La beauté plastique : l’expression artistique et plastique (peinture, sculpture etc.)
  • La beauté intellectuelle (l’art d’accéder à la vérité) :
    • La beauté scientifique : les sciences dures, c’est-à-dire l’art d’avoir raison d’une manière mathématisable
    • La beauté lettrée : les sciences humaines qui permettent de se rapprocher de la vérité d’un point de vue conceptuel (philosophie)
  • La beauté spirituelle et morale :  
    • Cultiver la beauté de l’âme 

Chaque individu est en général sensible à l’expression de l’une des dimensions de la beauté. Ici, je vais proposer l’affirmation suivante à laquelle vous n’allez pas tous adhérer : toutes les manifestations de la beauté procèdent de la beauté de l’âme ou morale. 

L’âme (ou la morale) est le noyau dur de l’être. Si vous êtes vigilants sur la nature de votre âme et ses penchants, vous pouvez être sûr que la beauté s’exprimera d’une façon intellectuelle ou plastique. Bien sûr ici, je sous-entends que quelqu’un qui se définit comme spirituel ou moral ne l’est pas forcément. En effet, il y a beaucoup de faux-dévots dont le zèle (avec lequel ils vivent leur “spiritualité”) est l’expression même de leur fourberie. Les authentiques chercheurs de beauté spirituelle ne sont pas bigots. Ils peuvent même ne pas se définir comme moraux eux-mêmes ou appartenant à une quelconque communauté religieuse. Pourtant, ils ont une authentique démarche de quête spirituelle ou morale. 

Quand quelqu’un a mis comme principe premier la beauté morale ou spirituelle (qui passe par la purification de l’âme), celui-ci peut que s’adonner à la beauté sous toutes ses autres formes. 

Ainsi, pour juger une œuvre d’art selon cette logique, il conviendrait de juger les intentions qui ont en été à l’origine : la personne a-t-il agi par vanité ou par offrande à l’égard du divin (ou par simple détachement). Toute production artistique peut être faite avec la conscience de la transcendance. Ce n’est pas pour rien qu’au cours de l’histoire, l’art était essentiellement spirituel (ce n’est pas uniquement dû au fait que le pouvoir religieux était politique). 

Une société qui place comme principe premier la nécessité de rechercher la beauté de l’âme ou morale récolte que les bénéfices de la beauté dans les autres domaines de la beauté (qu’elle soit scientifique, des lettres ou artistique). La recherche sincère de la beauté spirituelle ou morale au niveau d’un collectif conduit à une élévation d’une société et son rayonnement durable sur les autres. Ainsi, il n’est pas anodin de voir que les civilisations ont rayonné justement au moment où elles étaient les plus concentrées sur la vie spirituelle spirituelle (empire d’Ashoka en Inde, ) ou morale (les Lumières en Europe, le monde athénien antique, la dynastie Qing en Chine etc.). 

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