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Qui sont les braves et les déserteurs contemporains ?

déserteur

La condamnation de la désertion a joué le rôle de liant des sociétés pendant de nombreux siècles.  Elle a sensibilisé des générations d’hommes à cette notion de courage et de devoir tout en insinuant les conséquences de la lâcheté : la mort physique ou sociale. La diabolisation du déserteur a permis d’insuffler des valeurs de hardiesse et de sacrifice dans une logique dualiste : identifier les bons et les mauvais compatriotes. Ces sociétés basées sur l’honneur ont été remplacées progressivement par d’autres davantage gouvernées par la notion de gain et de perte, rendant illusoire la culture de l’abnégation à la faveur de celle du plaisir (a fortiori de la consommation) – allant de pair avec la suppression de la conscription et la professionnalisation des armées – . Ainsi, il n’est plus possible de sacrifier tout une génération de jeunes gens comme ce fut le cas par exemple lors du premier conflit mondial – ce qui est en soi tout à fait désirable -. 

Cet âge ayant disparu, existe-il néanmoins aujourd’hui un équivalent de ce paria d’antan que représentait le déserteur ? 

On ne pourra pas faire de généralisation tant il existe toujours de grandes différences de valeurs entre les pays – ce qui est une bonne chose à mon avis -. Toutefois, nous pouvons observer une tendance générale qui procède de la si fantasmée mondialisation. Ce mouvement d’uniformisation – somme toute relatif du fait même de ses influences multiples – pourrait être trivialement résumé par une certaine marchandisation ou monétisation plus vaste de toutes les sphères de notre société. À ce titre, on pourrait même parler d’une sorte de profanation (/ désacralisation) à grande échelle. Devant ce processus à l’œuvre, il existe pourtant un noyau dur de sacralité ou du moins un transfert du sacré vers un autre. Quel est-il ? 

Si la réponse n’est pas tout à fait claire, il conviendrait d’observer qui sont ces nouveaux déserteurs. À première vue, si l’on étudie le modèle par excellence de cette mondialisation – à savoir les États-Unis -, nous serions tentés de dire que ces nouveaux déserteurs sont ceux qui n’ont pas voulu adhérer (ou du moins supposément) aux règles du capitalisme et de toutes les manifestations de la culture libérale. 

Pourtant, si l’on regarde de plus près, une nouvelle expression du déserteur se dresse. En effet, qui est le déserteur ?

Il est par définition celui qui nie l’intérêt commun au profit du sien et de sa propre sécurité. La nouvelle génération a commencé à faire l’ébauche de ce nouveau personnage : le narratif dominant est en train de changer. Nous passons d’un discours libéral à une voix progressivement écologiste dont l’écho se fait de plus en plus entendre. Bien sûr, nous sommes  dans une phases de transition, avec ses hauts et ses bas, ainsi il existe toujours des discours culpabilisants relatifs à l’ancien modèle. Il est tout à fait probable que les climato-sceptiques et autres réfractaires soient mis au pilori du fait de leur “trahison” des intérêts du groupe. 

On peut remarquer qu’il y a une progression constante du discours dominant au cours du temps. Celle-ci crée un changement dans “l’ennemi”. Le groupe correspondant grandit sans cesse pour être plus inclusif. 


l’ennemi correspondantLe groupe correspondant
L’âge des nations le déserteurLa nation
L’âge des empiresCeux qui refusent la “Civilisation”L’empire 
La tentative avortée d’un monde globalisée communiste   Les “bourgeois”Les peuples adhérant au communisme
L’âge de la globalisation libérale Les réfractaires de la mondialisation capitalisteLa communauté humaine  ayant adhérant au modèle libéral
L’âge environnementalisteLes climatosceptiques Les pollueurs. Ceux qui refusent de se soumettre aux injonctions environnementalistes L’ensemble de l’écosystème (humains, faune et flore)

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