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Quel sera le visage de la nouvelle économie ?

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Les crises sanitaire et économique provoquées par le Covid-19 ont fait figure de catalyseur d’un changement qui se tramait déjà sous la forme d’une lame de fond. Peut-on esquisser les contours de ces changements ? Y aura-t-il un avant et après ?

On peut sans trop de risque affirmer que les modifications de l’économie mondiale n’ont pas connu d’équivalent depuis près d’un siècle. Les perturbations occasionnées par ce séisme sont diverses et elles touchent de nombreux secteurs. Voyons ensembles quelles pourraient être ces réorganisations à court, moyen et long terme. 

À court terme : 

La première observation nous conduit à constater une diminution majeure voire une disparition de certains secteurs qui pourtant ne semblaient aucunement menacés jusqu’avant la crise. Les principales industries ayant vécu un cataclysme (notées “groupe A”) sont les suivantes : 

  • Le transport aérien 
  • L’industrie automobile
  • La production d’hydrocarbures
  • Le tourisme (hotellerie et restauration)
  • Les produits de luxe

Chacun de ces secteurs d’activité a subi de plein fouet l’arrêt des déplacements et l’interruption des interactions humaines. 

Les secteurs d’activité – groupe B – qui ont dû se réinventer pour continuer d’opérer : 

  • L’éducation 
  • Les activités sportives 
  • Le divertissement et l’activité culturelle

Il y a eu la possibilité pour certains métiers de continuer d’être exercés, non sans problème. Il a fallu déployer une certaine flexibilité pour pouvoir notamment travailler à distance. 

Les “vainqueurs” – groupe C – de la nouvelle conjoncture à court terme : 

  • La vente en ligne
  • L’agriculture, l’alimentation 
  • Les jeux vidéos
  • Les entreprises de services en ligne (ex : réseaux sociaux, vidéo à la demande etc.) 
  • Les soins de santé
  • La restauration à domicile 
  • Les activités liées aux quêtes existentiels (psychologie, spiritualité etc.)

Quels sont les effets de cette crise à moyen terme ? 

À moyen terme : 

De nombreuses entreprises issues du groupe A vont disparaître ou être contraintes de fusionner dans le cas de grandes entreprises. L’État continuera de jouer le rôle d’amortisseur de la crise seulement dans certains pays. Les pays ne bénéficiant pas d’un système d’aides sociales à destination des entrepreneurs vont assister à un effondrement de pans entiers de leur économie. Les entreprises les plus résilientes – soient parce qu’elles ont opéré des restructurations, soit parce qu’elles possèdent une trésorerie importante – pourront à moyen ou long terme récupérer dans certains cas les parts de marché autrefois détenues par des concurrents qui auront après coup disparu. 

Certains secteurs survivront dans la mesure où la crise ne durera pas trop longtemps – si par exemple un vaccin efficace est mise sur le marché rapidement -. Mais dans le cas d’un prolongement de la crise, ce sont des millions de chômeurs qui viendront grossir les rangs de ceux préexistants à la crise – ceux appartenant à ce qu’on appelle le chômage structurel -. 

Au long terme 

Dans le cas d’un scénario catastrophe, c’est-à-dire si la crise – notamment due à l’impossibilité de se déplacer d’un pays à un autre – venait à durer 2 voire 3 ans, on peut imaginer une restructuration complète de secteurs entiers de l’économie et l’obligation de “recycler” vers d’autres secteurs les personnes au chômage. On peut raisonnablement dire que l’arrêt de certaines activités et la permanence d’autres (ex : l’alimentation) entraînera une possible évolution qualitative des produits et services offerts par les secteurs survivants. 

La nécessité d’employer des chômeurs issus du groupe A à destination du groupe C (le groupe restant pour ainsi dire inchangé) pourra présager certaines évolutions. Que fait une entreprise qui peut disposer de petites mains pour produire plus ? Le principal problème est le niveau de qualification. On peut raisonnablement dire que les personnes “recyclées” n’auront pas le niveau de qualification attendu dans le plupart des cas étant donné la différence d’activité. 

Voici une liste d’emplois dont la formation est inférieure à un an pouvant bénéficier aux activités du groupe C et permettre une augmentation de la qualité des produits et services proposés : 

  • Support client pour les activités de vente en ligne 
  • Agriculteur biologique 
  • Aide soignant
  • Livreur de produits 
  • Modérateur de réseaux sociaux 
  • Aide-cuisinier
  • Vidéaste
  • Monteur de vidéos
  • etc. 

Voici une liste d’emplois dont la formation est comprise entre 2 et 3 ans pouvant bénéficier aux activités du groupe C et permettre une augmentation de la qualité des produits et services proposés : 

  • Développeur 
  • Infirmier 
  • Logisticien 
  • Cuisinier
  • Scénariste
  • Graphiste
  • Diététicien
  • Professeur de yoga
  • etc. 

Voici une liste d’emplois dont la formation supérieure à 3 ans pouvant bénéficier aux activités du groupe C et permettre une augmentation de la qualité des produits et services proposés : 

  • Médecin 
  • Ingénieur informaticien 
  • Nutritionniste
  • Psychologue 
  • Guide spirituel 
  • etc.

Bien évidemment, ce transfert de population des groupes A vers le groupe C impliquera une solidarité nationale et familiale sans quoi de grandes tensions au sein des sociétés pourraient apparaître. 

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