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On n’est courageux que jusqu’à son prochain défi

Il n’y a rien d’acquis dans la vie et encore moins une volonté courageuse. Celle-ci a besoin de s’incarner dans l’action. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée et cela est encore plus vrai pour les gens qui se définissent comme courageux. C’est bien plus exigeant encore. Une seule action manquant de courage peut effacer des milliers d’actions courageuses. C’est pourquoi le courage est une valeur que l’on pourrait assimiler à de la pureté, au même titre que l’honnêteté. Quelqu’un qui dit la vérité dans 90 pourcent des cas sera tout de même un menteur. Les quelques fois où cet individu aura décidé d’enfreindre son code moral, il aura en réalité tout simplement détruit les qualités dont il se revendiquait.

Le bien se pratique de manière totale alors que le mal peut se pratiquer de manière intermittente

Le mal est plus tentant ou séduisant en ce qu’il est moins exigeant. Tout le monde aspire au bien mais il n’est pas facile d’avoir une conduite exemplaire, sans fléchir tout au long de sa vie si on n’est pas doté d’une volonté d’acier ou une discipline de fer. Les gens ont des facilités à se complaire dans le mal car la médiocrité morale est confortable, tout en se créant une image mentale d’eux-mêmes associé au bien. Alors, oui, la perfection n’existe pas, mais reconnaître ses fautes pour reprendre le chemin du bien quand on l’a quitté est essentiel. Faute avouée est à moitié corrigée. C’est comme si vous étiez le capitaine d’un bateau et que vous aviez dévié de quelques degrés de votre cap initial. Ne pas reconnaître que vous vous dirigez dans une mauvaise direction vous empêchera de prendre la bonne. Plus le temps passera et plus vous vous écarterez de votre objectif fixé au départ pour au final ne jamais l’atteindre. Si vous avez mal agi, il faut le reconnaître et compenser en agissant deux fois mieux la fois prochaine sinon vous aurez toujours une dette. Il en va de même pour la métaphore du bateau, si vous vous êtes écarté de 2 degrés de votre cap initial pendant une demi-heure, il faudra compenser en allant dans l’autre sens à quatre degrés pendant une demi-heure ( -2 : cap dévié, 0 : cap initial, + 2 : cap de correction ; la différence entre 2 et -2 au niveau angulaire est de 4)

Le courage comme pierre angulaire de l’harmonie en société

Le courage est la base de toutes les vertus disait Aristote (la citation exacte est : le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres). Une société qui place le courage au second plan court à sa perte car elle met en péril toutes les autres vertus dont elle a besoin pour assurer sa pérennité (justice, honneur, sens du sacrifice etc.).

Si la société dans laquelle vous vivez manque de courage, vous devrez redoubler de courage

La société dans laquelle on grandit nous influence du fait qu’elle établit les règles du jeu permettant d’en gravir les échelons. Le problème survient quand les règles tendent à favoriser les éléments médiocres, pleutres ou méprisables dans sa promotion sociale. Si vous ne voulez pas corrompre vos valeurs, deux choix s’offrent à vous, soit vous devenez un marginal au sein de la société qui vous a vu naître, soit vous cherchez ailleurs une société qui pourra reconnaître et valoriser les vertus dont vous vous réclamez.

Le courage comme habitude

Pour être dans le bien, il faut être bon. Bon ne veut pas dire gentil mais vertueux. L’homme devenant ce qu’il fait de manière répétée, il se doit d’adopter des habitudes lui permettant de développer ses qualités. Le courage étant la première de toutes les vertus selon Aristote, il faudra avant tout qu’il construise et maintienne des habitudes de courage.

Le nécessaire apprentissage de la conflictualité

Le courage consiste à affronter ses peurs. Il consiste à s’opposer à une force oppressante ou opprimante. Le courage est la manifestation d’une volonté de puissance, c’est le prérequis de la force. Une personne faible mais courageuse deviendra forte. L’inverse est aussi vrai. Le courage s’apprend dans le choc des consciences et des corps. Le courage naît dans le cœur (c’est là d’où il tire son nom) pour ensuite emmener et projeter toutes les qualités du cœur. Sans courage, plus de qualités de cœur.

Construire une habitude de courage

Toute habitude se crée petit à petit. On ne change pas sa nature du jour au lendemain. Il faut une impulsion, une étincelle quotidienne vers la puissance comme l’oiseau qui commence à battre des ailes avant de prendre son envol.

Rire des bonnes choses

On devient ce qu’on admire et le contraire de ce qu’on moque. L’admiration joue un rôle clé lorsqu’il s’agit de développer des qualités de cœur. Prendre de mauvais modèles nous conduit inéluctablement à emprunter des sentiers égarés ne menant en aucun cas à la noblesse de cœur.

Il y a des modèles qu’on nous impose : les figures parentales, l’entourage familial etc. Ces personnes qui peuvent faire de notre enfance une bénédiction ou un chemin de croix. Jusqu’à une vingtaine d’années, on aura été essentiellement le produit de notre enfance. L’adolescence qui est en soi un mouvement réactionnaire face aux figures parentales par la distanciation qu’elle incite mais elle ne libère pas réellement des stigmates de l’éducation familiale. L’adolescent rebelle se sépare de ses parents avec les armes que ses parents lui ont données. Le pays colonisé se libère grâce aux principes du pays colonisateur. Ce n’est que bien plus tard que la nation acquiert sa véritable identité, au prix d’efforts et d’une volonté sans faille d’émancipation. Autrement, il ne reste que prisonnier de son histoire.

Ainsi, à 20 ans on est en grande partie un produit de son enfance. À 30 ans, par contre, on est le produit de ses choix et de notre volonté d’individualisation.

C’est pourquoi, on peut nous enseigner à mépriser ou rire de certains individus pendant notre enfance tout en nous enjoint à admirer telle ou telle personne. C’est ainsi qu’on développera par la suite les qualités des gens qu’on admire. L’amour étant le ciment du changement.

Si vous ne cherchez pas la vertu, le vice vous trouvera

Si on grandit dans un environnement qui n’est pas sensible à la vertu, on deviendra de fait immoral ou amoral selon les cas. La nature ayant horreur du vide, on tent a subir le contraire de ce qu’on n’a pas activement recherché. Ainsi, un jardinier qui est paresseux et qui ne plante pas des légumes ou de jolies fleurs dans son jardin, sera contraint de subir la prolifération de mauvaises herbes. Quelqu’un qui n’entretient pas dans son esprit des pensées positives sera envahi de pensées malsaines et ténébreuses.

Commencer à se lier d’amitié avec les gens vertueux

Vous n’êtes pas spécialement entouré de gens valeureux autour de vous ? Pourquoi ne pas vous lier d’amitiés avec des livres qui renferment l’âme de personnes éminentes, sages ou éclairées. Une bibliothèque est une collection d’amis silencieux aimait à dire un certain auteur français. Pourquoi ne pas partir à la recherche de gens illustres pour commencer à absorber leur esprit ?

La vertu coûte cher à court terme mais elle rapporte gros sur le long terme

Une autre manière de le dire serait : la vertu est amère mais ses fruits sont doux. Que penseriez-vous de négliger votre  instruction ? Vous sentirez que l’éducation coûte cher mais l’ignorance coûte bien plus cher sur le long terme. À quoi sert la recherche de la vertu ? Essentiellement, elle rend le bonheur accessible à tous. Si on affirmait que la richesse est une condition suffisante au bonheur, seule une partie de la population serait heureuse parce que la richesse est un concept qui se mesure par comparaison : on est riche relativement aux autres. Si tout le monde est riche, personne ne l’est, en réalité. La vertu s’oppose au manque de vertu ou au vice. Néanmoins, si tout le monde est vertueux, ils ne deviendraient pas subitement invertueux. La vertu n’existe pas par le jeu des comparaisons mais par son caractère intrinsèque. Là est toute sa force. Si elle ne dépend de rien d’autre que d’elle-même pour atteindre le bonheur, alors elle est un véritable outil d’émancipation et de liberté. En effet, si votre bonheur dépend de quelque chose que vous ne maîtrisez pas (résultat d’une comparaison avec des choses qui ne sont pas de votre ressort, par exemple), alors celui-ci est fragile.

La nécessaire progression

Le bonheur n’existe pas dans la régression, ni la stagnation. C’est une constante remise en question notamment par la nécessaire pratique du courage. Il y a cependant un phénomène d’inertie avec la pratique de la vertu : il est plus facile d’agir vertueusement lorsqu’on en a l’habitude et au contraire, cela est plus difficile quand on est invertueux. Cela dit, il y a des petites batailles quotidiennes à remporter comme le jardinier qui se doit d’enlever les mauvaises herbes de son jardin pour continuer à le maintenir beau.

Pour résumer :

Le courage est nécessaire à toutes les autres vertus. Les vertus sont elles-mêmes la racine d’un bonheur pérenne et ne dépendant de rien d’autre que de lui-même. Le chemin de la vertu n’est pas emprunté par beaucoup de gens parce que notre éducation a tendance à nous corrompre. Nous devons nous lier d’amitié avec les personnes dont on recherche les qualités. La vertu demande un effort quotidien.

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