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Prend-on le temps de devenir une bonne personne ?

Vivre c’est gagner sa vie avant tout. Réussir c’est afficher un statut, un train de vie, un confort matériel synonyme de sécurité et de dominance sociale. Étant donné que ce sont les valeurs bourgeoises qui dominent, on ne cherche plus vraiment la grandeur, le sublime ou le beau, c’est avant tout l’efficacité et l’appât du gain qui commandent.

Une société de commerçants a besoin de représentants pour encourager l’adhésion à ce modèle de société. Les stars du sport nous inculquent la volonté de performance alors que les stars du petit et du grand écran nous enjoignent d’adopter les codes du monde consumériste.

Dominer, c’est un choix que l’on fait par crainte d’être soi-même dominé. Essentiellement, ce qui nous pousse vers l’enrichissement, c’est autant la quête de profit que la peur d’être laissés-pour-compte.

Société traditionnelle et société moderne

Les sociétés traditionnelles reposent sur une certaine idée de l’honneur et de la relation au sacré. Le mode de la consommation est exempt de sacralité

Mourir pour une cause n’a pas de sens dans une société obnubilée par le gain. Mourir, c’est perdre et perdre c’est mal. À l’inverse dans une société traditionnelle, mourir a un sens parce qu’il existe un nivellement, une hiérarchie des choses. La famille, le groupe, la nation sont tous plus importants que l’individu. Il est donc acceptable de mourir pour défendre l’une de ces entités.

Dans la société actuelle, ce qui différencie les choses, c’est leur prix. L’individu étant l’entité la plus importante, il est donc insensé de mourir pour autre chose car rien n’a plus de valeur que ce bien.

L’individu est celui qui savoure le plaisir. Le but de la vie moderne est l’assouvissement des plaisirs. Il n’y a pas de réalité plus satisfaisante. Le plaisir c’est la délectation du moment présent tout en ignorant le passé et le futur. Le plaisir est une suspension dans le temps.

Devenir bon

Si tout est vu sous l’angle du plaisir, cela implique que ce qui est bon ne l’est qu’en fonction de sa capacité à donner du plaisir – les humains compris -. L’humain étant potentiellement une source de plaisir, on aliène par la même occasion notre humanité.

Dans une société traditionnelle, est bon ce qui contribue favorablement au groupe. Le courage, la générosité, la loyauté sont des qualités appréciées du groupe parce qu’elles aident à sa préservation.

Encore aujourd’hui, quand on pense à quelqu’un de bon, on aura tendance à lui associer des qualités traditionnelles parce que les valeurs anciennes n’ont heureusement pas totalement disparu.

Cependant, d’autres valeurs « nouvelles » s’imposent progressivement à notre société. Les gens mis en valeur par les médias ne sont pas dans la plupart des cas « bons » si on les juge selon le prisme des valeurs traditionnelles. Ils sont souvent manipulateurs, orgueilleux, expressifs, affirmatifs, méprisants ou vulgaires. Ce sont des traits de caractère qui pullulent dans une société individualiste parce qu’ils mettent en « valeur » l’individu au mépris du groupe.

Comme l’individu est mis au pinacle, on prône avant tout des valeurs d’extraversion. Au début du XXe siècle, les gens lisaient beaucoup que ce soient les livres ou les journaux. Il n’y avait aucun problème à être introverti, c’était totalement conforme aux attentes de l’époque puisque le groupe comptait plus et nous n’étions pas entrés dans une société de spectacle. Avec l’avènement de la télévision, c’est toute la société qui s’en est trouvée chamboulée. Progressivement, ce sont des valeurs télévisuelles qui ont été imitées : parler fort, sourire, être éloquent, bavard, grossier, gesticulateur ou encore arrogant. C’est comme si on voulait devenir le bouffon ou l’animateur impertinent que l’on voyait à la télé.

Le sens du bon change

Avant, l’individu était obnubilé par le souci de servir son groupe. Il était mal vu de faire preuve d’égoïsme ou de narcissisme. Il y avait une volonté collective de tendre vers une forme de bonté parce que cela était mis en lien avec Dieu. Celui qui est bon est proche de Dieu. Aujourd’hui, on croit globalement moins en Dieu alors il est normal que l’on souhaite moins se rapprocher de lui. C’est le roi qui est glorifié, le pouvoir. On cherche plus à avoir les attributs de la dominance sociale et on fait ainsi fi de la vertu, de ce qui fait de nous des êtres éternels.

Le temporel a gagné

Il faut existe une lutte permanente entre deux visions de la vie, celle qui touche au temporelle et celle qui relève de l’intemporel. Le temporel, c’est ce qui nous permet de réussir ici bas. Les valeurs de l’intemporel nous permettent de réussir dans l’au-delà.
Bien sûr, le monde matériel est palpable, c’est pour ça que les gens misent tout sur lui. L’au-delà, on ne sait pas de quoi il sera fait, alors on doute et on préfère l’ignorer.

La vie après la mort, rien ne nous dit qu’elle existera, c’est pourquoi l’hédonisme est si prisé. C’est le seul bonheur terrestre dont on est totalement sûr. La mort, le salut de l’âme, la vie éternelle, le paradis, la transmigration des âmes, le jugement dernier, etc. Tout ça est flou pour le commun des gens, alors consommer et jouir c’est amplement suffisant.

La jouissance défigure

La beauté intérieure transparaît avec le temps sur la beauté extérieure. À l’inverse, la laideur intérieure aura tendance à enlaidir son possesseur même si la beauté extérieure peut masquer un temps cela.

Vivre de manière égoïste, malveillante et jouissive attaque l’âme comme l’acide corrode l’acier. Les méchancetés de l’âme prennent petit à petit forme pour remodeler le visage comme le potier modèle la glaise.

À quoi sert-il d’être une bonne personne ?

Chercher à être bon permet tout simplement d’atteindre le bonheur. Il n’y a pas de méchant heureux, du moins, leur bonheur égoïste ne peut pas rivaliser avec un bonheur basé sur la vertu.

La bonté est l’essence de la vie

Le lieu de travail peut avoir tendance à nous corrompre. On peut y apprendre à mentir, à tricher ou à faire un usage excessif de notre pouvoir. Quand on s’abîme l’âme, on finit par désirer les mauvaises choses. On veut plus d’argent, de pouvoir ou de gloire alors que le vrai bonheur est plus simple et direct.

La bonté comme lumière du monde intérieur

Quand quelque chose brille à l’intérieur, on n’a pas besoin d’aller chercher en dehors la lumière. Le luxe, qui vient du mot latin « lux » signifie « lumière ». Les gens dépourvus de lumière intérieure auront tendance à aller vers ce qui brille, vers le luxe pour ressentir un instant de manière superficielle ce qu’ils pourraient ressentir profondément par un travail spirituel et moral.

La bonté se suffit à elle-même

Si bien sûr la bonté bénéficie à l’entourage, elle bénéficie surtout à celui qui cultive et garde ce trésor parce qu’elle lui permet d’accéder à un bonheur véritable.

Les trois dimensions du bonheur d’après l’hindouisme

Le bonheur tamasique (degré inférieur du bonheur): c’est le bonheur qui se base sur le malheur ou la souffrance des autres

Le bonheur rajasique (degré intermédiaire du bonheur) : c’est le bonheur qui est indifférent au bonheur des autres

Le bonheur satvique (degré ultime du bonheur) : il n’existe que parce qu’il contribue au bonheur d’autrui. C’est là que la bonté réside.

Le monde nous distrait du chemin vers la bonté

Si au départ, on a un élan naturel vers la bonté par l’empathie dont jouit l’enfant, on peut être rapidement détourné du chemin de la bonté si on est placé dans un mauvais environnement.

On peut souffrir de plusieurs années de corruption de ce que nous sommes lors d’une enfance où notre être aura été martyrisé. Bien souvent, ces mêmes enfants ne s’en remettront jamais, ils vivront toute leur vie en “adultes cassés”. Une fois égaré du chemin de la bonté, on peut errer toute une vie si l’on ne retrouve pas la bonne personne ou le bon guide qui pourra nous éclairer à nouveau.

Cultiver une bonne valeur à la fois

La vertu attire d’autres vertus comme le vice attire d’autres vices. Si vous faites par exemple attention à ne pas mentir, vous allez développer d’autres qualités comme le courage, l’intégrité ou la bienveillance. À l’inverse, prendre l’habitude de mentir vous expose à faire de vous un poltron, un dissimulateur ou être malveillant. La lumière attire la lumière comme les ténèbres attirent les ténèbres.

Le pouvoir des habitudes

Si vous avez pris conscience de certains de vos défauts et par la même occasion du lien existant entre bonheur et vertu, vous aurez envie de changer. Le changement en profondeur ne se fait pas du jour au lendemain. L’eau pour faire un trou dans la roche, aura besoin de déverser pendant des années. Prendre la décision de changer est le début du changement. Pour renouer avec la vertu, avec le bon, il faut s’attaquer à un vice à la fois en sachant que chaque vertu recouvrée créera un effet de foisonnement sur la création d’autres vertus.

La force des challenges

Si vous voulez transformer votre être, vous devez transformer vos actions. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Si vous prenez l’engagement d’adopter une nouvelle habitude vertueuse chaque jour, vous deviendrez progressivement meilleur. Voici une liste non exhaustive de choses que vous pouvez implémenter dans votre vie quotidiennement afin de devenir une meilleure personne :
– S’abstenir de mentir
– Faire un acte de générosité désintéressé
– Protéger quelqu’un qui subit une injustice
– S’opposer aux gens méchants
– Donner le meilleur de soi dans son travail
– Faire preuve de discipline et de propreté
– Devenir plus sage en lisant ou écoutant des conférences de personnes éclairées
– S’abstenir de calomnier ou dire du mal de quelqu’un

Pour résumer :

– Le monde actuel nous fait oublier un peu la nécessité et même la signification de ce qui est bon.
– La vertu est une condition du bonheur
– Cultiver une lumière intérieure nous évite d’avoir à chercher la lumière extérieurement
– On peut changer ce que nous sommes profondément par une action résolument différente de ce que nous sommes
– Devenir bon devrait être le vrai sens de la vie plutôt que d’avoir du succès

 

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