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Le paradoxe fondateur : accepter ce qui est pour changer ce qui sera

Pour régler 80 % des conflits relationnels, dites-vous que le problème vient de vous

Il est facile de rejeter la faute sur autrui lorsque l’on se trouve dans un conflit relationnel. Vous pourriez avoir raison, mais cela vous prive de votre sentiment de contrôle.

Partez du principe que vous êtes responsable de tout, même si ce n’est pas le cas.

Deux approches me semblent saines : l’une consiste à assumer la responsabilité de tout, l’autre à voir la volonté de Dieu en tout. Ces deux approches ne sont aucunement contradictoires ; elles sont même complémentaires. Lorsque vous assumez l’infortune d’une relation, vous vous concentrez sur vos efforts pour vous améliorer.

La responsabilité est source de puissance

Avez-vous remarqué l’impuissance qui caractérise les personnes ayant pris l’habitude de blâmer les autres ? Certains courants politiques en ont fait leur fonds de commerce et ont réussi à convaincre une partie entière de la population que c’était la vérité.

L’orgueil est le premier poison des relations

L’ego, c’est en quelque sorte la représentation que l’on a de soi. Or, cette image est fausse, et les gens qui nous connaissent voient le décalage entre notre essence et cette représentation. Du fait de cette volonté d’agir comme on pense être, on crée de la tension autour de soi, car cette attitude relève nécessairement du mensonge. Pour améliorer sa relation avec autrui, il suffit de faire preuve authenticité afin de cerner la personne que l’on voit clairement dans le miroir. 

L’injustice existe, c’est ce qui rend votre réussite d’autant plus grande

De même qu’il n’y a pas de triomphe sans gloire, il n’y a pas de vraie réussite sans obstacle ; et plus l’obstacle est grand, plus le mérite est grand.

Comparez-vous matériellement aux gens plus pauvres que vous et spirituellement aux gens qui vous sont supérieurs

Les gens sont malheureux parce qu’ils se comparent dans les mauvaises choses. Pour progresser dans la vie sur le chemin du bonheur, il faut avant tout consacrer ses efforts aux bonnes choses. Le matériel et le statut, bien qu’ayant leur importance, ne sont pas nécessaires au vrai bonheur. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de développer une gratitude au niveau matériel en se comparant à ceux qui ont moins que nous. Quand vous réalisez que vous n’êtes pas le moins bien loti en matière de statut et d’argent, par exemple, vous pouvez vous concentrer sur l’essentiel : vous rapprocher de la vérité en élevant votre niveau de compréhension du monde.

Les clés du bonheur sont entre vos mains, mais il ne tient qu’à vous de les utiliser

Aujourd’hui plus qu’à n’importe quelle époque, nous avons accès en quelques clics à toute la sagesse du monde. L’ironie, c’est que peu d’entre nous saisissent véritablement cette chance de progresser sur le plan de la conscience. Nous sommes bombardés de tentations en tout genre qui nous distraient sur le chemin spirituel.

Pour être heureux, il faut résolument se tourner vers la simplicité

Ce qu’on nous fait croire, c’est qu’il faut sans cesse ajouter pour être heureux, alors que c’est plutôt l’inverse qui est vrai.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » — Saint-Exupéry

Toutes les distractions de l’esprit et des sens nous font oublier que la vérité ne s’observe qu’avec le cœur ; tout le reste n’est que fioriture. Or, on nous apprend à oublier de voir avec le cœur, c’est pourquoi tant de gens semblent perdus dans leur vie.

Réapprendre à voir avec le cœur

Le cœur, c’est le siège symbolique de l’âme. Éduquer son cœur, c’est éduquer son âme. La société ne donne que peu de place à l’âme, pourtant, c’est l’essence même de ce que nous sommes. C’est ce qui nous suivra dans l’au-delà ; c’est la partie de ce que nous sommes qui est éternelle et, pourrait-on dire, sans limite physique. Vous êtes votre âme, mais vous l’avez oublié.

Vous devez ce que vous faites

Penser le monde avec fatalisme en arguant qu’on ne peut changer ni rien ni personne est dangereux. Cela ne peut nous entraîner que dans des spirales encore plus négatives. Le changement en profondeur est possible, mais il n’est accessible qu’à une minorité. Assumer l’entière responsabilité de sa situation est une raison préliminaire au changement. C’est le paradoxe fondateur : pour changer, il faut accepter ce qui est.

Travaillez votre identité

Il y a quelque chose qu’on ne voit pas et qui, pourtant, conditionne tout : il s’agit de votre identité propre, c’est-à-dire la façon dont vous vous imaginez et vous représentez. Vous auriez beau lever les voiles, si votre identité agit comme une ancre invisible, vous n’irez pas bien loin. Pour progresser, vous devez réparer votre identité, mais bien sûr, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Tout d’abord, vous devez vous éloigner des personnes qui vous ramènent à cette identité négative dont vous souhaitez vous défaire. Cela ne veut pas nécessairement dire que vous ne reverrez plus ces gens ; c’est juste un moyen de vous protéger le temps de construire une nouvelle identité suffisamment forte pour combattre l’ancienne. Ensuite, vous devez réfléchir à la nouvelle identité que vous souhaitez construire. De quoi sera-t-elle faite ? Que ferez-vous ? Comment et où vivrez-vous ? Là aussi, cela ne se fait pas du jour au lendemain, mais il est important de consacrer du temps chaque jour à cette nouvelle construction.

Éléments d’une nouvelle identité

Si vous ne choisissez pas votre identité, quelqu’un la choisira pour vous.

Voici une liste non exhaustive d’éléments qui pourront faire partie de votre nouvelle identité.

La lecture

La fondation d’une nouvelle identité nécessite d’agréger des idées afin d’envisager tous les possibles. Sans ce matériau qu’est l’idée, il vous sera difficile de vous réinventer. S’il existe des milliers de manières de collecter des idées, la lecture en reste l’un des moyens privilégiés. Tout d’abord, la lecture n’est pas un moyen comme un autre, car il faut des qualités mentales particulières pour être capable de se poser pendant des dizaines de minutes devant un livre. La nouvelle génération est en majorité incapable de le faire. Le simple fait que vous puissiez vous concentrer sans distraction pendant plus de vingt minutes vous fait déjà appartenir à une minorité de la population. Ensuite, un livre n’est pas une vidéo ou un podcast. Chaque mot a été pesé, lu et relu avant d’être publié ; c’est en soi la quintessence de la pensée de quelqu’un. Écouter une heure quelqu’un parler vaudra rarement une heure de lecture d’un ouvrage de cette même personne : c’est la même différence qui existe entre le miel et la gelée royale. L’un nourrit les ouvrières, l’autre nourrit la reine et l’avenir de la ruche (ses larves).

Structurez ces idées

Une fois ces idées collectées, il faut les structurer et leur donner un sens dans votre esprit. Il faut qu’elles puissent devenir des outils pour vous servir, et non pas seulement des images que l’on contemple.

Suivez le chemin de prédécesseurs illustres

Au début, il n’y a pas trente-six manières de réussir : il suffit de suivre les traces de quelqu’un qui a obtenu les résultats que vous cherchez. Bien sûr, après une certaine distance, il vous faudra suivre votre propre voie.

Le monde de demain est incertain

La désolation de la jeunesse n’est pas un phénomène nouveau ; cela dit, notre génération sera peut-être témoin de quelque chose d’inédit : un soulèvement global de la jeunesse aux quatre coins du monde, qui aura perdu sa raison d’être et qui exprimera par tous les moyens son mécontentement. Les gens ont perdu la structure familiale qui pouvait donner du sens à leur vie. Ils sentent qu’ils n’arriveront pas à progresser sur l’échelle sociale, car les débouchés de carrière semblent bouchés. Et que fait un animal pris au piège ? Il attaque.

Faites du mouvement et de l’agilité votre mode de vie

Puisque le changement et l’incertitude semblent être la norme, il convient de construire un mode de vie qui intègre ces deux valeurs. En physique, il existe deux formes d’équilibre : l’un est statique, l’autre dynamique. Nous avons été habitués au premier, alors qu’il nous faut maintenant rechercher le deuxième. Si l’équilibre est important à la vie humaine, il ne prendra peut-être pas la forme qu’il avait prise jusqu’à présent. Si vous ne savez pas ce qu’est un équilibre dynamique, pensez au vélo qui suit une ligne droite tout en ayant un mouvement constant du pédalier. Le vélo ne peut pas rester droit sur la route s’il n’a pas de vitesse, à moins d’avoir une béquille — et là, on retombe dans l’équilibre statique. Son équilibre — et son utilité pratique — provient du mouvement.

Comment appliquer ce concept

Si la génération de ce qu’on appelle — souvent péjorativement, il faut le dire — les boomers, jusqu’à la génération X et le début de la génération Y (la fin de la génération Y étant pour ainsi dire une génération entre deux mondes), a pu jouir du paradigme de l’équilibre statique, principalement par l’accession relativement facile à l’achat immobilier et la stabilité de l’emploi, les générations Z et alpha (et la fin de la génération Y) doivent vivre selon le principe de l’équilibre dynamique : nomadisme (instabilité de résidence) et opportunisme professionnel (instabilité d’emploi).

Nomadisme vs sédentarité

Le monde où vous allez vivre toute votre vie dans la même maison est depuis longtemps révolu. Il en est de même pour ceux qui aspirent à vivre dans la même ville ou le même pays. La nouvelle norme sera d’habiter dans un endroit qui nous convient le mieux à un instant t. La maison étant devenue une commodité hors de prix, inaccessible aux jeunes générations, ce qui se passera, c’est que vous traiterez l’habitat comme un service et non plus comme une possession.

Loyauté vs opportunisme

Ce qui a caractérisé les générations précédentes, c’est que, en quelque sorte, leur loyauté était récompensée. Les gens plus anciens étaient à la fois mieux payés et souvent plus respectés. Dans une société qui valorise l’efficacité, la loyauté perd pour ainsi dire tout son sens, car il serait stupide, voire tout simplement dangereux, de jurer fidélité à un patron qui peut vous licencier du jour au lendemain sous prétexte que vous ne performez pas à un moment donné, alors même que vous l’avez aidé à atteindre de nouveaux paliers par le passé. L’opportunisme, consistant à se donner au meilleur offrant, tend à remplacer l’idée traditionnelle de loyauté dans la sphère du travail.

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